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L'analyse de la situation du système éducatif à l'issue des quatre années écoulées de la décennie nationale d'éducation et de formation (2000-2009) permet de relever la nature des progrès réalisés, les réformes institutionnelles introduites, les difficultés rencontrées, les faiblesses et les limites à la réalisation satisfaisante des politiques et programmes éducatifs devant découler des stipulations de la Charte Nationale d'Education et de Formation

 :: L'enseignement préscolaire

L'enseignement préscolaire est dispensé par une multitude d'établissements et d'acteurs. Il comprend, outre les établissements modernes autorisés, le Msid, le Kouttab et autres institutions. Cet ordre d’enseignement, ouvert principalement aux enfants âgés de 4 à 5 ans, a marqué une régression. En effet, les effectifs inscrits dans les établissements autorisés et recensés par le MENJ sont passés entre 1999-2000 et 2003-2004 respectivement de 817.054 à 684.783 élèves. Ainsi, on note une décroissance annuelle moyenne de l'ordre de 5% par an au niveau national, contre 8,7 % en milieu rural et 1,7 % en milieu urbain. 

Les taux nets de pré scolarisation qui en découlent sont en 1999-2000 de 55,20% au niveau national, 67,5 % en milieu urbain et 44,2 % en milieu rural, contre respectivement 50,1 %, 64,6 % et 35,7 % en 2003-2004.

La baisse est naturelle dans la mesure où cet enseignement n'accueille plus les enfants de 6 ans, de 6 ans et plus, voire de 7 ans et plus par la récupération de cette catégorie d'enfants par l'enseignement primaire. Mais elle serait due aussi au fait que les enfants aptes à pré-scolariser ont été vite absorbés par le système et que pour le reste, d'autres actions et mesures spécifiques sont à entreprendre. 

L'examen de la répartition des préscolarisés, par milieu de résidence et par sexe, montre que les déficits accusés sont en milieu rural et principalement en raison de la non préscolarisation de la fille. En effet, le rapport moyen des filles dans les effectifs d'élèves préscolarisés âgés de 4 et 5 ans au cours des années 2000 à 2003 avoisinait 36,5 % au niveau national, 46 % en milieu urbain et seulement 21, 1 % en milieu rural. 

Examiné par région économique et suivant le taux net de préscolarisation, l'enseignement préscolaire reste sous-développé selon un ordre croissant des taux nets de préscolarisation dans les régions de l'oriental(28 %), Doukkala Abda (38 %), Fès Boulmane (39 %), Guelmim -Essmara (43 %), Marrakech - Tensift -Al Haouz (44 %), Taza -Al Hoceima -Taounat (46 %), Tadla - Azilal (46%) et Tanger -Tétouan (49 %). 

Au regard de ces résultats, les actions de développement de l'enseignement préscolaire doivent être axées en priorité sur le milieu rural, dont en particulier celui relevant des régions mentionnées ci-dessus et sur la préscolarisation des filles. 
Le programme entrepris par le MENJ, visant la création de 1.500 classes du préscolaire, rentre dans cette préoccupation. Dans le cadre de ce programme, 382 salles de classe ont été identifiées en partenariat avec des ONG et sont en cours d'équipement par l'Agence de Développement Social (ADS) et il en est de même de 440 autres salles. L'ensemble permettra de disposer de près de 1.230 classes d'enseignement préscolaire. 
Sur le plan institutionnel, les initiatives suivantes ont été prises : 
- L'adoption de la loi 05-00 sur le statut de l'enseignement préscolaire publié dans le bulletin Officiel n° 4798 du 25 mai 2000; 
- La publication du décret d'application de cette loi en juin 2001; 
- La publication de l'arrêté ministériel n° 1535.03 du juillet 2003 relatif aux conditions d'ouverture des établissements du préscolaire et au profil des ressources humaines opérant dans ces établissements ; 
- L'obligation de la déclaration des enfants ayant atteint 4 ans conformément aux dispositions de la note du Ministère de l'Intérieur n° 100 du 26 juin 2000. 
De même, il a été procédé à la mise en place de 14 centres de ressources destinés à apporter un appui pédagogique et didactique à l'enseignement préscolaire. Ce qui a permis de disposer de 47 centres qui sont opérationnels, avec une équipe centrale composée de 20 formateurs, des équipes régionales et locales. Ainsi, au terme de l'année 2002, et grâce à la diversification des partenaires et à leur appui en faveur de l'enseignement préscolaire, il a été possible d'assurer une formation à 13 inspecteurs-coordinateurs, 28 animateurs, 146 conseillers et 5396 éducateurs et éducatrices. 
En général, il se dégage que la formation sur le tas au moyen du réseau de centres de ressources, est peu coûteuse et plus opérationnelle. Elle mérite d'être soutenue et perfectionnée au cours de toutes les étapes de généralisation de l’enseignement préscolaire. 

 :: L'enseignement primaire

Entre 1999-2000 et 2003-2004, l'enseignement primaire public a connu une augmentation de 8.385 salles de classe additionnelles dont 85 %, en faveur du milieu rural. Autrement dit, la capacité d'accueil en nombre de salles de classe a augmenté de près de 2096 salles en moyenne annuelle.

Globalement les cantines scolaires y sont passées de 11.183 en 1999-2000 à 15.350cantines en 2003-2004 dont, pour cette année, 94,4 % se localisent en 31.390 cantines ont donc été créées par an en moyenne. Les effectifs scolarisés dans l'enseignement primaire public et privé ont atteint au niveau national 4.070.177 élèves en 2003-2004 contre 3.669.605 en 1999-2000, soit un accroissement annuel moyen de 2,62%. Au cours de cette période, l’accroissement des effectifs scolarisés était plus fort en milieu rural lieu urbain puisqu'il s'est élevé respectivement à 3,9% et 1,4% en moyenne par an. 

Concernant les enfants âgés de 6 à 11 ans scolarisés dans cet ordre d’enseignement, leur effectif total a connu une croissance annuelle moyenne de 2.3% au niveau national, en passant respectivement de 3.026.040 à 3.316.216 élèves. Ce ratio s'élève à 3,2% en milieu rural et à 1,6% en milieu urbain. 

Le taux de scolarisation global de cette catégorie d'âge est passé de 79% en 1999-2000 à 92,2 % en 2003-2004 contre respectivement 69,5 % et 87,8% en milieu rural 90 % et 96,6 % en milieu urbain. 

Quant au rapport moyen des filles dans l'ensemble des effectifs d'élèves scolarisés et âgés de 6 à 11 ans, il se situe, au cours de la période 2001 à 2004, à près de 47.3 % au niveau national, 48,9 % en milieu urbain et 45,5 % en milieu rural. 

Les effectifs d'élèves scolarisés dans le secteur de l'enseignement primaire privé sont passés de 171.679 élèves en 1999-2000 à 223.227 élèves en 2003-2004 soit un taux d’accroissement annuel moyen de l’ordre de 60.8%. Au cours de cette période, la part annuelle moyenne des élèves inscrits dans l’établissement de ce secteur par rapport aux effectifs globaux du primaire s’élève à 7.5%. 

Sur le plan de la gestion pédagogique de l'enseignement primaire public, un certain nombre de caractéristiques méritent d'être examinées. 

Au niveau des taux d’écoulement des effectifs, il est à noter que le taux moyen de promotion s'élevait à 80,8% en 2001-2002 contre 81,5 % en 1999- 2000. Quant aux taux moyens de redoublement et d'abandon, ils sont estimés respectivement à 14 % et 12,8 %et à 5,2 % et 5,7 %. 
Concernant le nombre d'élèves par classe, il est à remarquer qu'il n'a pas subi de changement, significatif puisque le ratio moyen élèves/classe est passé de 28,9 en 1999-2000 à 29 en 2003-2004. Le nombre d'élèves par enseignant a connu une baisse légère en passant de 28,7 en 1999-2000 à 28,4 en 2003-2004 élèves par enseignant. 

Quant à la répartition de l'emploi du temps hebdomadaire des enseignants, on relève qu'au cours de l'année 2002-2003 : 
- 1.641 enseignants (1,2 %) n'ont pas d'emploi du temps ; 
- 131.709 enseignants (97,4 %) ont un emploi du temps légal à savoir 30 heures par semaine ; 
- 1.849 enseignants (1,4 %) ont un emploi du temps de 27 heures en moyenne par semaine. 

Ce qui correspond à un potentiel de 1.826 enseignants pouvant être redéployés pour l'encadrement pédagogique de l'enseignement primaire. 
En matière d'amélioration de la qualité de l'enseignement, de nouveaux programmes ont été introduits en première année en 2002-2003 et en 2ème et 4ème années primaires en 2003-2004.

Par ailleurs, les manuels scolaires ont fait l'objet d'une réforme fondamentale sur la base des approches pédagogiques des nouveaux programmes. Dans le but d'en améliorer la qualité, le Ministère de l'Education Nationale et de la Jeunesse a aussi opté pour le développement de la concurrence transparente entre les éditeurs, les auteurs et les créateurs, à la base de cahiers de charges qui précisent toutes les caractéristiques pédagogiques, techniques et esthétiques du livre scolaire, ainsi que les aspects organisationnels et juridiques qui président à la production des livres scolaires. 
Il faut signaler que, si le lancement de réformes s'est effectué avec la production pour l'année scolaire 2002-2003 des livres de 5 matières de la première année primaire" le Ministère est passé en 2003-2004 à une période de croissance de la réforme avec 4 niveaux totalisant 65 livres. 
Pour le renforcement de l'enseignement des langues, les principales mesures suivantes ont été prises : 
- Introduction de l'introduction de l’enseignement de l'amazigh à partir de la 1ère année primaire ; 
- Introduction de l'enseignement du français à partir de la 2ème année primaire et non plus à partir de la 3ème année. 

Concernant les aspects organisationnels, d'importants textes législatifs et réglementaires ont été promulgués en vue d'institutionnaliser les nouvelles orientations préconisées par la Charte Nationale d'Education et de Formation. Il y a lieu de retenir en particulier la promulgation de la loi sur l'obligation de l’enseignement. 

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