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Pendant que le Ministère de l'éducation nationale et de la Jeunesse met en place les capacités d'accueil accélératrices de la scolarisation aux différents sous-systèmes du système éducatif, des réformes institutionnelles ont été introduites, en plus de celles pédagogiques mentionnées ci-dessus. Il s'agit en particulier de la restructuration des structures centrales du MENJ, de la décentralisation et la déconcentration des structures et des attributions de gestion du système, et de la création d'un contexte humain favorable aux changements que doit connaître le système éducatif grâce à une valorisation matérielle et professionnelle au profit des acteurs directs du système.
:: La restructuration des services centraux
Comme conséquences essentielles de la décentralisation et de la déconcentration de ces structures et attributions, le MENJ a été doté d'un nouvel organigramme. Grâce à celui-ci, les structures centrales du MENJ ont été fortement réduites. Ainsi le nombre de directions centrales est ramené à 10 au lieu de 18, celui des divisions a été réduit de 72 à 33 et les services de 238 à 71.
Une inspection générale de l'éducation et de la formation a' été aussi instituée. Elle est constituée de deux inspecteurs généraux, le premier est chargé des questions pédagogiques et le second des affaires administratives.
Les directions créées sont relatives aux domaines suivants :
- les ressources humaines et la formation des cadres ;
- la stratégie, les statistiques et la planification ;
- la coopération et la promotion de l'enseignement privé ;
- les affaires juridiques et le contentieux ;
- les curricula ;
- les affaires générales, le budget et le patrimoine ;
- l'évaluation, l'organisation de la vie scolaire et les formations communes entre les académies ;
- la rénovation éducative et l'expérimentation ;
- la promotion du sport scolaire ;
- la gestion du système de l'information.
Les attributions confiées à ces directions sont centrées sur des missions et des rôles d'orientation et de conception à caractère national pour le développement du système éducatif. Elles sont conçues de telle manière à éviter les doubles emplois entre directions, à optimiser l'utilisation des ressources, humaines et matérielles, et à renforcer les fonctions de coordination, de suivi et d'évaluation.
Cependant, malgré ce changement salutaire, la pyramide actuelle de répartition du personnel du MENJ comporte une base constituée pour une grande part de moyens et petits fonctionnaires. Une telle situation mérite d'être revue en renforçant la qualification, l'expertise et les compétences requises pour la réussite des réformes éducatives. A ce titre, le redéploiement du personnel peut être une option judicieuse.
:: La déconcentration et la décentralisation
La réforme institutionnelle la plus pertinente ayant marqué les quatre premières années de la décennie nationale d'éducation et de formation réside, incontestablement, dans la création des Académies Régionales d'Education et de Formation (AREF). Celles-ci créées dans les seize régions du Royaume, sont des établissements publics dotés de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Chaque AREF est chargée, dans les limites de son ressort territorial, de mettre en oeuvre la politique éducative et de formation, compte tenu des priorités et des objectifs nationaux établis par l'autorité de tutelle. Dans ce cadre, chaque AREF a pour missions prIncipales :
-d'établir les cartes éducatives prévisionnelles régionales et la carte scolaire régionale ;
-de contribuer à la définition des besoins en formation professionnelle des jeunes;
-d'établir le programme prévisionnel pluriannuel des investissements relatifs aux établissements d'éducation et de formation sur la base de la carte éducative prévisionnelle ;
-de définir les opérations annuelles de construction, d'extension, de grosses réparations et d'équipement des établissements d'éducation et de formation ;
-de réaliser ou d'assurer le suivi des projets de construction, d'extension, de grosses réparations et d'équipement des établissements d'éducation et de formation en déléguant la réalisation, le cas échéant à d'autres organismes dans le cadre de conventions ;
-de veiller au contrôle sur les lieux, de l'état des établissements d'éducation et de formation, de la qualité de leur entretien et de la disponibilité des moyens de travail nécessaires; elle doit à cet effet intervenir immédiatement pour corriger toute anomalie entravant le bon fonctionnement des établissements précités et de leurs équipements ou qui porte atteinte à leur environnement, à leur esthétique ou à leur climat éducationnel ;
-de délivrer les autorisations d'ouverture, d'extension ou de modification : ides établissements préscolaires et scolaires privés conformément à la législation et la réglementation en vigueur.
En matière budgétaire, les ressources des AREF sont constituées de :
- subventions et participations, reçues dans le cadre de partenariat, des collectivités locales et leurs groupements et de tout autre organisme public ou privé ;
- d'avances remboursables du Trésor et d'organismes publics ou privés ainsi que les emprunts autorisés conformément à la législation en vigueur ;
- dons, legs et produits divers ;
- revenus provenant de ses prestations en rapport avec ses activités ;
- toutes autres recettes qui peuvent lui être attribuées ultérieurement par les dispositions législatives et réglementaires.
Les dépenses comportent :
- les dépenses d'équipement et de fonctionnement ;
-les remboursements des avances et emprunts ;
-toute autre dépense en rapport avec son activité.
Ainsi, les attributions de formulation, de mise en oeuvre et de gestion des programmes de construction, d'équipement et d'entretien de l'infrastructure éducative, relevant avant des structures centrales, ont été transférées aux AREF. L'exercice de ces attributions dans des conditions performantes impose l'analyse approfondie des possibilités humaines, matérielles et institutionnelles dont disposent les AREF. Des programmes accélérés de renforcement de leurs capacités d'action et de gestion intégrée seraient prioritaires.
De par la structure des sources financières prévues au profit des AREF, celles-ci devront diversifier leurs ressources budgétaires selon un plan d'action de mobilisation des partenaires retenus à cet effet.
:: Valorisation matérielle et professionnelle
Conscient du rôle capital des ressources humaines éducatives dans la réussite de toute politique d'enseignement, le MENJ a accordé une attention particulière à la valorisation matérielle et professionnelle de ces ressources et à la résolution de problèmes que connaissaient certaines catégories d'enseignants ou d'agents administratifs.
Dans ce cadre, le MENJ a assuré la régularisation des dossiers des révoqués et des rayés de cadre dont l'effectif des bénéficiaires s'élève à 1.572. Il en est de même des civilistes et des éventuels dont la situation de 1.969 d'entre eux a été régularisée et celle de 600 autres étant en cours.
En plus, le MENJ a procédé à la titularisation de 1.880 agents temporaires et au recrutement de 340 docteurs diplômés. Il a veillé à la promotion par avancement de 18.123 agents et l'organisation des examens professionnels à hauteur de 11.456 postes budgétaires.
Par ailleurs, les engagements du gouvernement en matière de réforme du régime indemnitaire du personnel enseignant se sont traduits par une enveloppe budgétaire qui s'élève à 4 milliards de
DH.
Ainsi les efforts consentis par l'Etat au profit de la valorisation matérielle et professionnelle des ressources humaines en activité dans le secteur de l'Education Nationale sont très importants. Ils méritent d'être accompagnés d'actions de mobilisation de toutes les énergies en présence pour contribuer à lever les obstacles que rencontre le développement quantitatif et qualitatif harmonieux du système éducatif conformément aux fondements et aux orientations de la Charte Nationale d'Education et de Formation. A cet effet, il est capital de déclencher un processus de dialogue, de sensibilisation et de persuasion afin que tous les acteurs de l'environnement direct du système éducatif adhèrent à la mise en oeuvre de la charte et à la réalisation de ses objectifs.
D'une manière générale, il s'avère que l'amélioration et la modernisation de la gestion des ressources humaines passent inéluctablement par :
- le développement, la généralisation et la décentralisation du système d'information, et ce, à tous les niveaux ;
- la mise en place de mesures d'équité entre les sexes et d'égalité des chances dans le recrutement et la promotion des ressources humaines ;
- la motivation du personnel par l'amélioration de ses conditions sociales, la reconnaissance de ses mérites et la révision de ses statuts ;
- l'amélioration de la qualité de la formation du personnel ;
- la promotion de la recherche en éducation.
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